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Eglise F.J.K.M. Montrouge Paris (SP37) - Au Temple de l'Eglise Protestante Unie (EPU) - 64, rue Maurice Arnoux 92120 Montrouge

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Mission et Evangélisation : Quelle différence ?

Ce titre nous amène ,a priori, à un problème qui semble préoccuper surtout les chrétiens de nos jours. Ainsi est-il nécessaire de poser une question de savoir , de quoi s’agit-il ?

Il faut dire d’emblée que la confusion est considérable, et cela pour différentes raisons.Si les uns croient que la mission est un cas spécifique de l’évangélisation, les autres sont d’un avis exactement oppposé ; toutes sortes de positions intermédiaires se mêlent à ce débat parfois assez violent dans nos Eglises et Communanutés chrétiennes , un débat qui, du reste, souvent lié à certaines traditions linguistiques ou expériences en la matière.

Nous avons ici, l’intention d’y apporter quelques propositions d’éclaircissements face à la perpléxité qui règne à ce sujet, notamment chez les protestants. Apparemment, ce débat semble inévitable, dès que l’on pose la question du salut de Dieu et de sa réalisation concrète dans le monde d’aujourd’hui. Ce processus nous introduit normalement dans la découverte d’une esquisse compliquée de la missiologie récente. Nous allons cerner simplement trois manières typiques qui nous aideront à marquer la différence entre évangélisation et mission. Il faudra, ensuite, tirer quelques conclusions en vue d’un « programme pour la mission aujourd’hui ».

 

1- Mission pour les uns – évangélisation pour les autres ?

Souvenons – nous du fait qu’à un moment donné, il était question de la création d’activités et d’institutions diaconales qu’on appelait « mission intérieure ». Au sein de laquelle, on distingue – ou oppose souvent « mission mondiale » et « mission populaire » , « mission en terre païenne » et « évangélisation », le critère de cette distinction étant le baptême : la mission parmi les païens tendrait au baptême, alors que l’évangélisation s’appuyerait sur le baptême comme son fondement.. Ici, l’accent porte sur l’aspect géographique et sociologique par lequel la mission se distinguerait de l’évangélisation : la mission apporte aux nations non-converties le salut de Dieu. C’est pourquoi on parle , par exemple, de la mission auprès des musulmans, alors que l’évangélisation concernerait des Eglises orientales ou même occidentales en vue de les réanimer.

Il faut, cependant, noter ici une restriction :dans le mouvement œcuménique, « evagelism »désigne la problématique multiforme de la prédication de l’Evangile à l’homme du monde moderne et aux non-chrétiens de ce temps. Dans le vocabulaire anglo-saxon, cette expression est synonyme de « revivalism » ( évangélisation, mission populaire), mais elle désigne aussi la mission auprès de ceux qui n’appartiennent pas encore à l’Eglise ; « evangelism » est alors synonyme de « mission », ce que montrent des expressions comme « missionary evangelism » , « medical evagelism », etc…

Cette distinction pourrait être qualifiée de socio-historique, car elle semble reposer sur trois présupposés qui ont perdu de leur importance :

a- Elle repose sur la notion de chrétienté qui a pourtant été ébranlée par l’apparition d’un milieu non-chrétien, d’un néo-paganisme miltiple et du « sécularisme ».

b- Elle repose sur l’hypothèse de « pays païens » et, par conséquent, d’une possible « mission en terre païenne », du fait de la mission auprès des païens, il y a une Eglise prèsque partout dans le monde,et la frontière n’est plus de nature géographique, mais bien spirituelle.

c- Elle repose sur l’idée que les Eglises elles-mêmes,qui sont de libres associations, sont les responsables de la mission étrangère et intérieure du monde occidentale ; elles sont « porteuses de la mission ». A cela s’oppose une notion de la mission objet et tâche de toute l’Eglise. Il faut dire que l’appel à devenir chrétien est un appel à la consécration de la vie entière à la tâche missionnaire globale de l’Eglise. Pour ces raisons, il est justifié de dire qu’aujourd’hui « mission » et « évangélisation » constituent ensemble le témoignage de la communauté chrétienne qui, toute entière, est missionnaire.

 

2 – Baptiser les uns – réveiller les autres ?

Le premier type de distinction, déjà, n’a pu être discuté sans ses composantes théologiques. C’est ce que nous allons souligner maintenant de manière plus détaillée.

Le premier critère de distinction est le baptême : « La mission parmi les païens est une prédication qui vise le baptême, la mission populaire est une prédication qui, partant du baptême, revient au baptême. »

Un deuxième critère parfois utilisé est la distinction selon le texte du Nouveau Testament entre « kérygma » ,prédication de l’Evangile, et « didaché » ,enseignement de la communauté. « L’Evangile est destiné aux païens, l’exhortation, la consolation et l’instruction sont destinées à l’Eglise ». On ne prétend pas priver les jeunes Eglises du devoir d’Evangéliser, mais l’Evangélisation doit être distinguée, en tout cas, de la première prédication.

Une troisième réflexion, allant dans le même sens, établit comme spécificité de la mission la proclamation du règne de Dieu parmi les non-chrétiens jusqu’aux extrémités du monde et jusqu’à la fin des temps. La mission messianique du Christ aux nations ne concernerait pas les hommes qui ont été évangélisés et baptisés.

Mais cette conception repose aussi sur des présupposés qui ne peuvent plus être intégralement reçus :

a- Le baptême est ici le fondement de la foi, et la foi est liée au baptême. Assurément, le baptême ne garantit pas la foi, mais il est pourtant son unique condition. La pratique du baptême, et ses conséquences dans les Eglises occidentales, comme parfois dans le tiers-monde, montre cependant que le rapport au baptême ne suffit pas pour garantir à la mission populaire sa particularité en regard de la mission étrangère aux non-baptisés. De même la distinction kérygma-didaché ne joue pas dans une situation où « même parmi les baptisés, ce n’est pas seulement la conscience du baptême, mais celle de la foi qui a disparu, ce qui fait qu’il n’y a plus la possibilité d’un appel à revenir au baptême ou à la foi » ;

b- Cette conception impose une signification particulière et un statut donné implicitement à une image de l’Eglise composée de baptisés depuis longtemps, d’autant plus qu’en fin de compte la chrétienté est définie géographiquement. La missiologie a affirmé de son côté fermement que, dans la mission étrangère, il se passe quelque chose de particulier.

c- Toujours à partir de ces présupposés, il est bien naturel que la mission étrangère soit pensée comme un service global ; les œuvres d’assistance pratique la concernent aussi. Mais ceci n’est ni possible, ni nécessaire dans l’Evangélisation puisque l’Etat et la communauté civile sont pour l’essentiel responsables des tâches sociales et matérielles. Cependant, l’idée de la réciprocité dans les échanges a rendu attentif à la nécessité d’un tel service global aussi dans le domaine de l’évangélisation des baptisés. « La communauté missionnaire est une communauté missionnée ». L’évangélisation se heurte donc, même aujourd’hui, aux mêmes problèmes que la mission.

En conclusion, on peut affirmer que la mission aussi bien que l’évangélisation sont la tâche de toute la paroisse et de toute l’Eglise, l’essence de leur apostolat.


RAKOTOARIMANANA Joseph, Pasteur

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